L'édito de la rédaction : multinationale et donc intouchable ?
Le 8 septembre dernier, le groupe Simplot, propriétaire de Mydibel/Clarebout, annonçait envisager l'arrêt des activités de production sur son site de Mouscron 1. Des négociations en vue de limiter la casse sociale se sont engagées avec beaucoup de difficultés semble-t-il, c'est l'objet de l'édito de la semaine.
En septembre donc, l'entreprise Clarebout annonce son intention de fermer son site de production de Mouscron 1. Spécialisée dans la production de surgelés à base de pommes de terre, elle explique cette décision par une capacité de production devenue trop importante et dépassant largement la demande du marché. Trop vieux, trop petit, le site de Mouscron 1 fonctionne avec des équipements dépassés qui augmentent les coûts de production et diminuent l'efficacité opérationnelle. Les 392 personnes occupées sur le site n'en peuvent rien mais c'est quand même elles qui paieront les pots cassés.
Même si la fermeture n'est pas encore confirmée à 100%, conformément à la législation belge, une procédure d'information et de consultation est engagée, Clarebout Potatoes s'engage à accompagner ses collaborateurs tout au long de ce processus, des informations complémentaires seront communiquées au fur et à mesure de l'avancement du processus assure-t-elle.
Mais entre les belles paroles et les actes il y a semble-t-il un fossé qu'il faudrait urgemment combler. De l'aveu même du ministre de l'emploi, Pierre-Yves Jeholet, les discussions patinent puisque dit-il "La direction ne tient pas ses promesses en matière d'information.
Les données énergétiques de l'entreprise n'auraient pas été transmises aux organisations syndicales, les échanges autour de la procédure Renault seraient également compliqués. Tout cela n'augure évidemment rien de bon et l'on peine à croire la direction quand elle dit que la piste de la fermeture complète du site n'est pas la seule à envisager.
Ce dossier souligne une nouvelle fois l'impuissance des partenaires sociaux et, plus grave encore, du pouvoir politique face à des multinationales dont le principal, irait-on jusqu'à dire l'unique objectif est le profit. Dans des sièges sociaux situés à des centaines voire des milliers de kilomètres d'ici, le sort d'un site de production et de ceux qui le font vivre importe peu.
L'imagination pour un redéploiement de l'activité fait cruellement défaut là où elle est pourtant si fertile pour éluder l'impôt. Et le fait d'avoir reçu des millions d'euros de subsides ne rend visiblement redevable de rien. Et l'on voit mal comment nos représentants politiques pourront changer la donne, coincés entre l'impérieuse nécessité de redéployer chez nous une activité économique et le chantage à l'emploi dont les menacent de trop nombreuses multinationales.