Tournai : « Les plannings familiaux ne s'adressent pas uniquement aux jeunes », rappelle Sabine Mahieux à l'occasion des 60 ans du centre Au Quai
Sabine Mahieux, coordinatrice du centre, était l'invitée du Journal.
Depuis 1966, le centre de planning familial Au Quai accompagne les Tournaisiens dans les questions liées à la vie affective, relationnelle et sexuelle. Soixante ans plus tard, les préoccupations ont évolué, mais les besoins restent bien présents. Invitée du 18h de notélé, Sabine Mahieux, coordinatrice du centre, revient sur l'évolution du planning familial, ses missions et les défis à venir. Un anniversaire qui sera également célébré ce vendredi 6 novembre à la Maison de la Culture de Tournai.
"Tout le monde peut pousser la porte d'un planning familial"
Après 60 ans d'existence, les centres de planning familial sont-ils toujours aussi indispensables ?
"Évidemment ! Les questions liées à la vie affective, relationnelle et sexuelle ont toujours existé, elles existent aujourd'hui et elles existeront encore demain. Nous sommes un service de première ligne, avec une permanence d'accueil qui constitue une véritable particularité de notre secteur. Tout le monde peut pousser la porte d'un planning familial et s'y sentir accueilli. Notre force, c'est aussi notre approche pluridisciplinaire. Nous proposons des consultations médicales, psychologiques, sexologiques, du conseil conjugal, mais aussi un accompagnement juridique et social. Nos missions sont très vastes."
La société a beaucoup changé depuis 1966, notamment en matière de contraception, de sexualité et de droits des femmes. Comment le centre Au Quai s'est-il adapté ?
"Nous avons toujours accompagné les évolutions de la société et nous avons été au coeur de nombreux combats. À la création du centre, en 1966, tout a commencé avec deux bénévoles qui proposaient des consultations aux couples. Depuis, le secteur s'est professionnalisé, notamment grâce à l'obtention de subsides et à une meilleure définition de nos missions. Les publics ont également évolué. Aujourd'hui, nous continuons à nous former pour pouvoir répondre au mieux aux besoins des personnes qui viennent nous consulter."
Une augmentation des demandes de dépistage des IST
Avez-vous constaté une évolution de la fréquentation du centre ces dernières années ?
"Pendant la période du Covid, nous avions remarqué une diminution de l'accueil physique. Les personnes se déplaçaient moins. Aujourd'hui, elles reviennent davantage sur place et c'est une bonne chose. Nous observons également une augmentation des demandes de dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST). Cela montre aussi que les personnes sont informées et sensibilisées à ces questions. Et contrairement à ce que l'on pourrait penser, les plannings familiaux ne s'adressent pas uniquement aux jeunes. Nous accueillons des personnes de tous les âges, avec des profils très variés."
"Maintenir les droits sexuels et reproductifs reste un défi majeur"
Quels sont les principaux défis auxquels les plannings familiaux devront faire face dans les prochaines années ?
"Il y en a énormément ! L'un des enjeux majeurs est de maintenir les droits sexuels et reproductifs, mais aussi les droits des femmes et ceux des personnes LGBT. Nous devons également continuer à exister et à assurer les missions que nous remplissons depuis toujours : accueillir, écouter et accompagner les personnes grâce à notre équipe pluridisciplinaire."
Un spectacle pour célébrer les 60 ans du centre
Pour marquer cet anniversaire, vous organisez un événement particulier ce vendredi 6 novembre ?
"Oui, nous invitons la troupe Les Cambrioleurs à la Maison de la Culture de Tournai, ce vendredi 6 novembre à 20h, avec le spectacle La Tendresse. C'est une création qui interroge les masculinités. La troupe est déjà venue chez nous et avait rencontré un grand succès. Il reste encore des places, donc nous invitons le public à venir nous rejoindre."