L'édito de la rédaction sur l'inauguration des jardins de Choiseul : polémique sur invitation
Si vous pensiez que le monde va mal, vous n’avez encore rien vu. Le landerneau politique tournaisien est en ébullition cette semaine. Au centre de ses préoccupations : l’invitation à l’inauguration des jardins de Choiseul. C’est l’objet de l’édito de la semaine.
Les potagers de Choiseul seront inaugurés le 2 octobre prochain. Propriété du Cpas de Tournai, ils sont en fait un chantier d'insertion socio -professionnelle. Cette inauguration fera l’objet d’une cérémonie officielle et, en toute logique, invitation a été lancée par Héloïse Renard, la présidente du CPAS. Et là, c’est le drame. Sur le document du CPAS figurent notamment les noms de deux députés wallons, Véronique Durenne et Guillaume Soupart, MR comme la présidente cela va de soi.
Ludivine Dedonder, Dorothée De Rodder et Jori Dupont dénoncent cette présence de deux députés MR sur une invitation du CPAS de Tournai. C’est selon eux un mélange des genres, ils s'interrogent sur la mise en avant de ces deux parlementaires sur une communication institutionnelle alors que d'autres élus, eux en l’occurrence, représentent également la Wallonie picarde. Ils réclament un rappel des règles de neutralité ainsi que des excuses publiques. Héloïse Renard de son côté réfute tout mélange des genres et justifie la présence de ces députés, dont l’une n’est autre que sa maman, par le fait qu’ils représentent le ministre wallon compétent. Invité pour l’inauguration, Adrien Dolimont ne peut effectivement être présent et a proposé d'être représenté par Véronique Durenne et Guillaume Soupart.
La présidente du CPAS ajoute que tous les conseillers communaux et de l'action sociale ainsi que les députés fédéraux et régionaux de Wallonie picarde sont conviés, majorité comme opposition. Que pensez me direz-vous de cet affiche gate? Pour dire vrai, de notre point de vue, pas grand-chose. Mettre en lumière, sur une affiche, des députés de son bord dans une espèce d’entre soi qui n’a pas grand-chose à faire dans le contexte d’un événement d’une portée essentiellement locale et à vocation plutôt sociale peut paraitre pas vraiment approprié, donnant l’image d’une politique politicienne peu glorieuse. En face, le déplorer c’est de bonne guerre mais monter au créneau comme si l’on dénonçait le scandale si pas du siècle au moins de la décennie, exiger des excuses publiques parce que
Dieu merci le pilori n’existe plus, c’est peut-être un peu exagérer, cette maladresse ou cette mesquinerie ne représente sans doute pas le plus grand des dangers pour notre démocratie. Parce que c’est sans doute là que réside finalement le nœud du problème : dans une époque difficile, le citoyen se demande sans doute s’il est bien nécessaire que ses élus dépensent tant d’énergie dans des polémiques de ce genre, dont lui, citoyen, se fout plus que probablement éperdument, plutôt que de garder cette énergie pour trouver des solutions aux problèmes graves et complexes auxquels il est confronté dans son quotidien.
Xavier Simon