Incendies et réchauffement climatique : « Il ne faut pas sous-estimer le risque en Wallonie picarde »
Plus de 3.000 hectares ont été ravagés par les incendies dans les Hautes Fagnes. Ces dernières semaines, des feux ont aussi dû être maîtrisés en Wallonie picarde, notamment en forêt de Bon-Secours. Invité du 18h de ce lundi, le climatologue Martin Vancoppenolle revient sur le lien entre réchauffement climatique, sécheresse et risque d'incendie.
Les images des incendies dans les Hautes Fagnes ont marqué les esprits. Plus de 3.000 hectares ont été ravagés et, même si la situation est sans commune mesure en Wallonie picarde, plusieurs départs de feu y ont également été constatés ces dernières semaines, notamment en forêt de Bon-Secours.
Pour mieux comprendre ces phénomènes, notélé recevait ce lundi dans son 18h Martin Vancoppenolle, directeur de recherche au CNRS et climatologue.
Pour le scientifique, le lien entre changement climatique et risque d'incendie est aujourd'hui clairement établi. " Il y a un lien clair entre le réchauffement, les vagues de chaleur, la sécheresse et le risque incendie ", explique-t-il. Concernant précisément le feu des Hautes Fagnes, il estime toutefois qu'il est encore trop tôt pour établir formellement toutes les causes.
Des étés plus chauds et plus secs
À l'avenir, le risque devrait augmenter avec la hausse des températures et la multiplication des périodes de sécheresse. L'ampleur des incendies ne dépendra cependant pas uniquement du climat, souligne Martin Vancoppenolle : elle sera également liée à notre capacité à anticiper les feux et à adapter les moyens de prévention et de lutte.
Et la Wallonie picarde n'est pas à l'abri. Le climatologue pointe notamment les principaux espaces boisés du territoire. En cas de sécheresse prolongée, des zones comme Bon-Secours, les massifs proches de la frontière française ou encore certains secteurs du Pays des Collines pourraient présenter un risque. Il précise néanmoins qu'aucune étude spécifique consacrée à la Wallonie picarde n'existe à ce stade.
Les forêts ne sont d'ailleurs pas les seules concernées. Les champs, notamment autour de la période des moissons, mais aussi les talus situés le long des autoroutes ou des voies ferrées peuvent eux aussi devenir particulièrement inflammables lorsque la végétation est sèche.
" Adapter nos systèmes "
Les incendies ont également des conséquences après l'extinction des flammes. Ils génèrent des particules fines et peuvent provoquer des pollutions dans les cours d'eau lorsque les poussières et les résidus sont emportés par les pluies. L'érosion des sols peut également s'accentuer.
Face à ce risque, Martin Vancoppenolle appelle d'abord à mieux préparer le territoire. " Je crois qu'on avait sous-estimé le risque d'incendie en Belgique ", constate-t-il. Pour le climatologue, les dispositifs de prévention et de lutte contre le feu doivent désormais intégrer davantage cette évolution du risque.
À plus long terme, il rappelle aussi l'autre levier indispensable : limiter le réchauffement lui-même. " Il faut à tout prix qu'on parvienne à limiter nos émissions de gaz à effet de serre ", conclut-il.