Fête nationale : un «Te Deum» a-t-il toujours sa place ?
Peut-on continuer de fêter la Belgique avec une célébration religieuse ? Un peu partout en Belgique, le 21 juillet, jour de fête nationale, il est de tradition d’organiser la célébration catholique du « Te Deum ». À Leuze-en-Hainaut, par exemple, cette tradition perdure depuis de longues années. Mais cette coutume religieuse a-t-elle toujours sa place dans notre pays neutre confessionnellement ? Certains plaident pour y mettre fin, d’autres avancent le côté historique.
Il est 11 heures ce matin, jour de fête nationale, lorsque les cloches de la collégiale Saint-Pierre, à Leuze, se mettent à sonner. À l'intérieur, en première ligne, les autorités communales suivent la cérémonie du Te Deum.
Un Te Deum ?
L'origine de cette célébration vient d'un chant "Un Te Deum au départ, c'est un chant de louange, un chant de grâce adressée à Dieu . Et donc le Te Deum du 21 juillet, c'est ce chant de louange par lequel les chrétiens, les croyants, remercient Dieu pour ce pays qui nous est donné et pour sa prospérité" explique le Curé de Leuze, Patrick Willocq.
Quelle place pour cette célébration en 2026 ?
Dans un pays comme la Belgique, supposé être neutre religieusement, la place de cette célébration soulève plusieurs questions. Récemment, le Parti Socialiste avait indiqué vouloir mettre fin à cette tradition au niveau national en avançant l'argument de la séparation entre État et religion. Pour l'échevine socialiste, Aurélie Wouters, elle doit simplement évoluer : "Si cette cérémonie peut permettre aux citoyens de venir nous rencontrer dans un autre cadre, pourquoi pas. Nous, à Leuze, nous avions déjà envisagé de pouvoir avoir des citoyens qui proposent l'hymne national d'une autre manière. On réfléchit en tout cas à moderniser cette fête."
Pour le bourgmestre libéral, Hervé Cornillie, cette tradition a encore toute sa place. "Qu'on le veuille ou non, l'historique de ce pays est un historique judéo-chrétien. Alors ça amène beaucoup de questions, mais je pense que c'est du respect des institutions. Donc moi je pense que ça peut encore avoir son sens."
Avec ou sans célébration religieuse, le débat reste ouvert. Tous s'accordent au moins pour dire que le plus important reste de fêter la Belgique.
L. Lacquemant