Contrôle technique : la réforme flamande inquiète au-delà de la frontière linguistique
Les syndicats et les travailleurs du secteur s’inquiètent des projets de réforme envisagés en Flandre. En Wallonie, le dossier suscite aussi des réactions politiques.
Au centre de contrôle technique de Marquain, le rythme est soutenu. Chaque jour, près de 400 véhicules passent entre les mains des inspecteurs pour un examen minutieux destiné à garantir la sécurité sur les routes.
Pour les professionnels du secteur, ce contrôle constitue un véritable filet de sécurité. Un équilibre qui pourrait être fragilisé par une réforme actuellement envisagée en Flandre.
Parmi les mesures évoquées figurent notamment l'allongement des délais entre certains contrôles techniques ou encore la suppression du contrôle obligatoire lors de la revente de véhicules d'occasion. Des changements qui inquiètent fortement les travailleurs du secteur.
Les syndicats dénoncent une réforme dangereuse
Face à ces annonces, les syndicats sont montés au créneau. La CNE, le SETCa et la CGSLB dénoncent une réforme qui pourrait, selon eux, avoir des conséquences importantes sur la sécurité routière, mais aussi sur l'emploi et la protection des consommateurs.
Ils réclament une révision en profondeur du projet flamand ainsi qu'une véritable concertation sociale entre les différentes parties concernées.
Dans une région frontalière comme celle de Tournai, les conséquences pourraient être particulièrement visibles. Les représentants syndicaux craignent qu'un assouplissement des règles en Flandre pousse certains automobilistes wallons à traverser la frontière linguistique afin de bénéficier d'un contrôle jugé plus avantageux.
La Wallonie demande une concertation entre les régions
Le dossier suscite également des réactions du côté politique. Le ministre wallon de la Mobilité, François Desquesnes, a déjà porté la question à deux reprises devant la Conférence interministérielle.
Le ministre plaide pour une concertation entre les trois régions du pays afin d'éviter des différences trop importantes dans l'application des règles liées au contrôle technique.
Le futur avis du Conseil d'État sur l'avant-projet flamand devrait désormais permettre d'y voir plus clair. En attendant, travailleurs, syndicats et responsables politiques wallons continuent d'appeler à un dialogue approfondi avant toute réforme du système actuel.
Théo Defranne