Rongy : depuis 2009, les Vergers de Brunehaut sont équipés contre les orages et la grêle

Rongy : depuis 2009, les Vergers de Brunehaut sont équipés contre les orages et la grêle

De nombreux orages sont annoncés pour ce week-end et à Rongy, on garde un oeil particulièrement attentif sur le ciel. Aux Vergers de Brunehaut, la menace de la grêle est prise très au sérieux. En quelques minutes seulement, une averse peut détruire plusieurs mois de travail et rendre une récolte entière inutilisable pour la vente. « La floraison a été très hâtive et donc en quelques minutes, une grêle et la saison est anéantie. C'est des milliers d'heures de travail. Les pommes ne sont plus bonnes à être vendues dans les magasins, on peut seulement en faire du jus. Et ça met en péril tout simplement l'activité de l'entreprise », explique Sébastien Dewaele, propriétaire des Vergers de Brunehaut.

Pour limiter les dégâts, l'exploitation s'est équipée dès 2009 d'un canon anti-grêle. Un investissement important, devenu indispensable pour protéger les vingt hectares de vergers. « Tous les ans, on l'allume environ huit heures au total et on n'a plus de dégâts majeurs depuis son installation. On aurait aussi pu faire le choix de filets anti-grêle, mais c'est relativement coûteux. Pour 20 hectares de verger, cela représente environ 50 000 euros par hectare. C'était juste impossible à installer », détaille le producteur de pommes et de poires.

Le dispositif peut être déclenché à distance grâce à un simple appel téléphonique. Mais malgré les outils météo, l'observation du terrain reste essentielle avant de prendre la décision de l'activer. « On a une carte SIM et un numéro de téléphone. On appelle le canon, on fait un code secret et on peut l'allumer à distance. Mais rien ne vaut le fait d'être sur place pour observer les nuages et juger de leur importance. On essaye aussi de gérer ça en bon père de famille pour ne pas l'allumer à n'importe quel moment », précise Sébastien Dewaele.

Concrètement, le canon fonctionne grâce à un mélange d'acétylène et d'air comprimé qui produit une onde de choc envoyée vers les nuages. Une technique qui, selon les exploitants, a permis d'éviter d'importants dégâts depuis plus de quinze ans. « La réaction forme de la chaleur, de l'eau et du CO2. Allumer le canon, c'est comme rouler avec sa voiture, cela ne produit pas plus de pollution dans l'air. Il y a surtout une nuisance sonore importante », reconnaît le propriétaire des Vergers de Brunehaut.

Avec les orages annoncés ces prochains jours, le canon anti-grêle pourrait donc à nouveau résonner au-dessus des vergers de Rongy ce week-end.

ST