«Ça fait 20 ans que je me bats dans l'intérêt de la commune» : excédé, Xavier Brou quitte la séance du conseil communal de Péruwelz
L'application du règlement d'ordre intérieur est-elle trop stricte ?
Le conseil communal de Péruwelz a de nouveau été le théâtre de vives tensions ce jeudi soir. En cause : l'application stricte du règlement d'ordre intérieur (ROI), qui encadre les prises de parole et l'organisation des débats. Une situation qui a conduit à une interruption de séance, puis au départ d'un conseiller communal en pleine réunion.
Après plus de deux heures trente d'échanges, la séance a pris un tournant plus houleux. Le conseiller communal Xavier Brou a quitté la salle, dénonçant une impossibilité de s'exprimer. Il souhaitait intervenir à la suite d'une question d'actualité portant sur une rencontre entre une partie du collège communal et des médecins de l'entité une réunion à laquelle il avait lui-même participé.
Mais le bourgmestre et président du conseil, Jimmy Ababio, lui a refusé la parole. Motif invoqué : le respect du règlement d'ordre intérieur. Selon celui-ci, seul le conseiller ayant introduit la question peut intervenir dans ce cadre précis.
Une soirée déjà marquée par un premier incident
Quelques minutes auparavant, un autre épisode avait déjà tendu l'atmosphère. Une interruption de séance de cinq minutes a été décrétée à la suite d'une prise de parole de Vincent Palermo, également lors des questions d'actualité.
Ces incidents successifs illustrent un malaise plus large autour de l'application du ROI.
Un règlement jugé trop rigide par l'opposition
Au coeur des tensions : les règles encadrant les interventions. Pour chaque point à l'ordre du jour, les conseillers communaux peuvent prendre la parole à deux reprises. En ce qui concerne les questions d'actualité, celles-ci doivent être transmises par écrit au moins deux jours avant la séance.
Le dispositif est strict :
- trois minutes pour poser la question,
- trois minutes pour la réponse du membre du collège,
- une minute pour une éventuelle réplique.
En théorie, aucun autre conseiller ne peut ensuite intervenir sur le sujet.
Une application que le groupe d'opposition MR/IC juge trop rigide. Ses membres dénoncent un règlement appliqué " à géométrie variable " et estiment que ces restrictions nuisent au débat démocratique.
La majorité défend une application du cadre existant
Du côté de la majorité, on se défend de toute volonté de museler les échanges. Les élus rappellent qu'ils ne font qu'appliquer un règlement en vigueur, adopté lors de la précédente mandature.
Pour eux, ce cadre est nécessaire pour garantir le bon déroulement des séances et éviter les débordements.
B.D.