Quelle suite pour le vote de la réforme de l’enseignement ? Les apprentissage de notre débat
Le vote du décret-programme sur l’enseignement sera reporté de deux semaines. Si l’opposition y voit une possibilité de revoir la copie, la majorité insiste sur l’urgence de la situation.
Cette semaine a été marquée par la colère des enseignants. Les actions se sont multipliées en Fédération Wallonie-Bruxelles, et notamment dans toute la Wallonie picarde, notamment à Ath, Tournai, Enghien ou encore Mouscron. Les professeurs manifestent leur désaccord avec la future réforme. Le décret-programme aurait dû être approuvé mercredi 27 mai, mais dont le vote sera finalement reporté de deux semaines.
Pour faire le point sur ce dossier, nous avons reçu, sur notre plateau, les députés Dorothée De Rodder (PS) et Vincent Palermo (MR) ainsi que Stéphane Dillies, permanent CSC Enseignement pour la Wallonie picarde.
Pour rappel, la réforme de l'enseignement prévue par le gouvernement de la FWB veut modifier plusieurs choses :
- Une augmentation de 10 % de la charge horaire des enseignants du secondaire supérieur sans compensation salariale,
- Une réforme du régime des congés maladie des enseignants statutaires,
- Le durcissement des conditions de fin de carrière.
Un vote reporté, première victoire pour l'opposition
Ce vendredi, nous avons appris que le vote du décret-programme, qui contient cette réforme, sera reporté de deux semaines. Ce report fait suite à une demande de l'opposition avec des amendements déposés au conseil d'État. " C'est un moyen pour nous de bloquer cette réforme et de gagner du temps pour permettre à la majorité de revoir peut-être leur vote et de considérer qu'on peut repartir d'une page blanche ", explique Dorothée De Rodder (PS), députée à la FWB.
Une stratégie assumée de l'opposition, qui agace le gouvernement : "On est dans l'urgence" s'exclame Vincent Palermo, député MR de la FWB. Le député avance l'argument budgétaire en citant des chiffres : "En 2024, nous avions presque 13 milliards de dettes. Je pense que retarder, ça va alourdir. Et on est là pour garantir qu'on puisse vraiment toujours financer l'enseignement et pas devoir faire des choix."
Un vote incertain ?
Le vote de ce décret-programme devrait donc avoir lieu dans deux semaines. Et l'opposition a un espoir : celui de voir des députés de la majorité (MR-Engagés) voter contre la réforme. "Mathématiquement, il nous manque 6 députés, MR ou Engagés, pour voter contre ce programme. C'est à chacun de prendre ses responsabilités. Je sens que des députés vacillent" en citant, notamment Mathilde Vandorpe (Les Engagés).
Le travail des membres de l'opposition consistera donc à convaincre des députés de l'opposition à voter contre. Une action soutenue par les syndicats avec des actions localisées : "On a fait une campagne de sensibilisation auprès de Monsieur Palermo, Mathilde Vandorpe ou de Madame Durenne. Tout cela est en préparation." développe Stéphane Dillies, permanent CSC Enseignement pour la Wallonie picarde.
Du côté du MR, impossible de dire pour le moment si cette stratégie les empêchera de poursuivre la réforme en l'état. Une chose est sûre, Vincent Palermo suivra son parti lors du vote : "Si on veut faire une politique d'enseignement de qualité pour demain, avec l'urgence aujourd'hui, il faut y aller" a ainsi conclu le député libéral.
Vous pouvez revoir l'entièreté de notre débat consacré à la réforme de l'enseignement ci-dessous.
L.Lacquemant