L'édito de la rédaction sur Bpost : une grève à l'ancienne

L'édito de la rédaction sur Bpost : une grève à l'ancienne

Il semblerait qu'un accord soit intervenu entre la direction et les syndicats de Bpost dans le conflit qui les oppose à propos de la mise ne oeuvre du plan de transformation. Après trois semaines, la distribution du courrier devrait reprendre début de semaine prochaine, c'est l'objet de l'édito de la semaine.

On ne s'étendra pas ici sur les motifs de cette grève. Rappelons juste que le plan de transformation, dans le souci de répondre aux changements structurels dans le monde de la distribution, prévoit notamment un décalage de la prise de service qui pourrait être retardée de deux heures et une flexibilisation accrue. Pour les travailleurs, c'en est trop puisque cette mesure perturbera l'organisation de travailleurs qui ont choisi Bpost en raison notamment des horaires matinaux, elle vient s'ajouter à l'augmentation de la charge de travail et à une pénurie récurrente de personnel.

Un accord tombé hier, il lisse les effets de ce plan de transformation, garantit le maintien du statut des agents, assure un recours limité à la sous-traitance externe, prévoit finalement qu'une majorité des services prendront fin vers 17 heures.

Au-delà de l'accord, dont direction et travailleurs sont seuls juges, c'est la manière dont il a été acquis qui fait débat. Depuis trois semaines, le mouvement de grève a privé la population de tous les services qu'elle est en droit d'attendre de la poste. Si pour certains cela s'est limité au désagrément d'être sans courrier, pour d'autres cette absence de distribution a pu avoir de graves conséquences et des répercussions sur leurs activités professionnelles ou autres.

Le droit de grève est, et reste, un droit fondamental, nous ne vous ferons pas l'injure de vous rappeler les avancées sociales que cet outil a permis de conquérir, parfois de haute lutte. Aujourd'hui encore, pour les travailleurs, il est parfois le seul moyen de forcer la négociation.

Le remettre en cause et laisser le champ libre aux seuls diktats économiques serait une erreur fondamentale.

Cela n'empêche cependant de se demander s'il n'est pas temps de le faire évoluer, de lui donner de nouvelles formes, plus en phase avec l'époque.

A terme, les grévistes risquent de perdre le soutien d'une population qui a le sentiment d'être finalement plus victime des grèves que ceux qui sont directement visés.


X.S.