Tournai : la distribution de petits-déjeuners solidaires doit se mettre en ordre pour continuer ses activités

Tournai : la distribution de petits-déjeuners solidaires doit se mettre en ordre pour continuer ses activités

A Tournai, depuis 2019 et chaque dimanche matin, un collectif de citoyens distribue des petits-déjeuners aux plus précaires. Quelques viennoiseries et boissons chaudes qui permettent à certains de manger un peu et de se réchauffer. Mais cette initiative est aujourd'hui en péril car une plainte a été déposée auprès de l'AFSCA, l'agence pour la sécurité alimentaire. En cause, ce collectif n'a pas d'autorisation qui lui permet de distribuer des denrées alimentaires.

Autour d'un croissant, d'un pain au chocolat ou d'un simple café. Une trentaine de personnes dans la précarité viennent chaque dimanche profiter d'un petit déjeuner offert.

« Chaque dimanche matin, de 8 h à 9 h, nous offrons un petit déjeuner à toute personne en situation de précarité. Il n'y a pas que du sans-abrisme. Nous avons aussi des personnes qui ont un logement mais qui n'arrivent pas à terminer leurs fins de mois. Donc ces personnes viennent aussi trouver un peu de chaleur ici. » explique Yvan Boulant, l’un des bénévoles.

Une distribution essentielle

Et ce rendez-vous est devenu indispensable pour de nombreuses personnes dans le besoin. Comme pour Myrtille : « Je trouve ça génial qu'il y ait encore des gens qui pensent à nous. Parce que pour nous, on est comme invisible aux yeux du monde. »

Toute la nourriture distribuée provient de dons et notamment de quatre boulangeries partenaires qui donnent chaque semaine leurs invendus.

Une plainte met l'initiative en péril

Cette aventure de distribution de petits-déjeuners a débuté en 2019. D'abord à la gare de Tournai. Ensuite, la commune a offert la possibilité d'installer la distribution dans un bâtiment de la plaine Bozière.

Mais récemment, le collectif de citoyens a dû faire face à un coup dur. Ils ont appris qu'une personne avait déposé une plainte auprès de l'AFSCA : "Ce qu'il y a eu, c'est qu'une personne a voulu poser une question, mais via un formulaire de plainte. Il voulait savoir si on avait une autorisation, mais malheureusement nous ne l'avons pas. On n'était pas au courant."

Pour continuer ses distributions, le collectif de citoyens doit absolument régulariser sa situation avant le 1 juin. La solution envisagée serait de constituer une ASBL, ce qui permettra à terme d'obtenir une agrégation pour distribuer des denrées alimentaires. "On se dirige vers une ASBL. De cette manière, on sera dans les règles de tout et je trouve que c'est une belle valorisation pour notre petit déjeuner qui existe déjà maintenant depuis quelques années." explique Gaëlle Baugnies, trésorière.

Le collectif espère donc pouvoir trouver une solution rapidement. D'autant que depuis le début de l'année, il y a de plus en plus de personnes qui viennent bénéficier de ce petit déjeuner. La semaine dernière, ils ont accueilli plus de cinquante personnes.


L. Lacquemant