L'édito de la rédaction : un R.O.I. entre censure et maitrise

L'édito de la rédaction : un R.O.I. entre censure et maitrise

Et la commune de Celles n'est pas la seule où l'organisation des débats pose problème et provoque des frictions entre majorité et opposition. Entre volonté de censure et maitrise des débats dans un climat serein et constructif, la marge est parfois étroite, c'est l'objet de l'édito de la semaine.

Le conseil communal est par essence un lieu où l'on débat. Face à face, une majorité et une opposition dont les points de vue souvent divergent, et face aux décisions à prendre pour la bonne gestion de la commune les désaccords sont parfois légion.

Dans un monde idéal, chacun exposerait son point de vue, chacun écouterait l'avis de l'autre, mesurerait le bien fondé de ses arguments, trouverait les éventuels points de convergence ensuite de quoi interviendrait le vote de chaque conseiller en âme et conscience et en toute connaissance de cause.

Cela donc c'est dans un monde idéal. Dans les faits, les débats sont parfois houleux, souvent conflictuels, et il faut bien souvent faire la police pour que chacun puisse s'exprimer. Et c'est au président de séance qu' incombe cette charge, il peut et doit pour cela se référer au règlement d'ordre intérieur qui balise les débats.

Ce règlement d'ordre intérieur établit les modalités de fonctionnement du conseil communal. Il définit notamment le nombre et la durée des interventions des conseillers durant la séance, la procédure à suivre pour ajouter des points à l'ordre du jour, pour poser des questions d'actualité ou des questions écrites. Tout cela doit permettre à priori un débat serein et respectueux de tous.

Quand tout se passe bien, cela évite que l'opposition soit privée de son droit légitime à la parole ou qu'à l'inverse, elle multiplie les interventions hors contexte dans le but de pourrir les débats.

On mesure la difficulté de la tâche du président de séance chargé de faire appliquer ce ROI comprenez règlement d'ordre intérieur. Trop sévère, il sera vite accusé de vouloir museler l'opposition mais s'il se montre trop laxiste, on lui reprochera un manque de rigueur qui risque de transformer l'hémicycle en véritable foire d'empoigne.

Au président de trouver le fragile équilibre qui lui permette de respecter le roi, sans quoi ses décisions deviendraient le fait du prince dans ce qui ne ressemblerait plus qu'à une triste basse-cour.


Xavier Simon