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Dictée2008, la correction |
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Veuvage et fidélité, baux emphytéotiques ?
Toutes les joies vécues s’effacèrent sous le corrosif puissant de l’étrange jalousie posthume et tout ce qui retenait dans la maison le souvenir du défunt mari d’Eliane lui fut occasion de douleur et le rendit presque méchant. Après des crises de bonheur, il évoqua, pour le narguer sottement, le fantôme du maître d’antan et prédit à la pauvre amoureuse qui avait commencé par en rire et qui finit par en pleurer, de terribles confrontations pour l’autre monde. Ces troublantes imaginations sans cesse agitées devant ses yeux, effrayèrent peu à peu son esprit assez faible et des scrupules qu’elle n’aurait point soupçonnés lui naquirent ; elle s’en voulut de sa conduite et souvent s’éveilla le matin, les idées en déroute, ayant rêvé que l’autre lui reprochait son infidélité. Des fois, qu’elle se trouva seule devant le portrait du mort, elle eut de terrifiantes hallucinations : l’image se détachait, devenait chair et os et s’avançait vers elle, menaçante. Elle fit disparaître les cadres, mais, malgré cette précaution, et bien qu’André sorti de sa période de passion ombrageuse ne la tourmentât plus, il resta au fond de l’âme de la veuve, quelque chose d’indécis, une vague frayeur qu’elle éloignait le plus possible de sa pensée. (…)
Le timbre résonna clair, enfonçant un dard aigu et douloureux dans cette grande masse de silence et d’ombres molles qui emplissaient l’habitation.
Quand elle eut ouvert, elle se trouva devant un homme d’assez forte corpulence, à la figure noiraude et imberbe, au front dégarni, et sentit tout à coup courir dans tous ses membres, une vague appréhension qui la rendit muette. (…)
L’inconnu descendit, entra, bien qu’il n’en fût pas prié et, avec le même sourire, déclara l’appartement de son goût, la situation bien saine, la vue agréable. (…)
- Je voudrais quelqu’un qui ne rentrât pas du jour, qui n’amenât pas de connaissances…
En un instant, et quoiqu’elle n’eût plus pensé à la lettre de la veille, les paroles d’André et la coïncidence importune de l’adresse lui ressautèrent à la mémoire. Le simple fait y prit une signification qui éclata dans sa cervelle à la façon de ces cartouches d’apparence anodine et qui détonent avec une terrible violence. Un vent de folie lui passa dans la tête, elle perdit l’exacte notion des événements. (…)
Dans les vaticinations extraordinaires d’André, dans les jalousies effroyables où il s’enfonçait naguère, à plaisir eût-on dit, pour exaspérer sadiquement sa volupté, elle reconnut maintenant les excitations d’un esprit en courroux dont la trame mystérieusement ourdie allait se resserrer autour d’elle…
(Extrait de la nouvelle Le Locataire d’Hubert Stiernet dans La Belgique fantastique avant et après Jean Ray).
Dans Les Conteurs de Wallonie, éditions Labor, 1987.
Texte complémentaire.
Plus d’un éminent spécialiste en bioénergie s’étaient querellés lors du dernier caucus de Saigon : le kérosène des moyen-courriers, les stères de bois envolés en fumée, le diphényle empoisonnant les agrumes, les dioxydes s’échappant des pots catalytiques de nos teufs-teufs s’en seraient-ils allés à vau-l’eau au gré de leurs ratiocinations ?
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